Dernière soirée de finale pour cette saison française 2012-2013 d’Emergenza qui remercie encore tous les groupes qui ont participé au festival, espérant que cela leur a permis d’avancer d’une manière ou d’une autre dans leur, plus ou moins jeune, carrière.
Vu par un des jury de la finale.

Annonce des résultats, en fin de soirée.

Annonce des résultats, en fin de soirée.

Et c’est le groupe Malaresian qui ouvre le bal avec son métal lourd qui tire souvent sur le gothique. La chanteuse maîtrise aussi bien les lignes claires que les parties ‘criées’, qui sont renforcées par des chœurs gutturaux. L’ensemble est puissant mais manque légèrement de présence sur scène, hésitant entre trop en faire et pas assez. Cette hésitation ne pardonne pas à ce niveau du tremplin, malgré un potentiel certain.

Malaresian

Malaresian

Va suivre un groupe de quinqua bien portant, The Lem’s pratiquant une pop rock en français qui lorgne autant du côté du rock indé version Pixies, que celui des années froides (1980’s). Ajoutez à cela quelques envies psyché. Emmenées par un leader au physique entre Frank Black et Leonard Cohen, les chansons construites autour de lignes d’arpèges assez simples et mélodiques, se développent de manière originale et surtout sans prétention, et s’étendent en boucles hypnotiques, renforcées par les envolées vocales féminines mais peinent parfois à s’achever… Les paroles en français seront sans doute le maillon faible de cette expérience musicale.

The Lem's

The Lem’s

S’en suit la soul (dans la langue de Molière) de Simpleness qui respire l’acid jazz (Jamiroquai a du passé par là…). Des musiciens rodés et une très bonne section rythmique… un tout aussi excellent guitariste. Un chant en français, mais la salle réagit plutôt bien. Les morceaux s’étirent encore et toujours, en systématisant les interactions avec la salle, on y perd malheureusement l’efficacité des morceaux. C’est dommage. Attention également sur l’attitude, il faudra apprendre à gérer le stress.

Simpleness

Simpleness

Difficile de passer après ça. Et Way Out est, compte tenu sa jeunesse, à un niveau technique clairement inférieur. Pour autant les musiciens se défendent relativement bien : des ‘bonnes gueules’, un batteur qui dépense beaucoup d’énergie (attention à ne pas trop se disperser), des guitaristes consciencieux… Les deux chanteuses, en revanche, peinent à se mettre au niveau, poussant un peu trop leurs voix pas toujours accordées. Il leur reste donc du travail : faire plus de live, choisir mieux les reprises mais surtout se mettre à la composition, car le groupe est bel et bien là !

Way Out

Way Out

Dès les premières notes de The Vultures, on croit que l’énergie de leur rock plutôt bluesy va mettre le feu au Bataclan. Malheureusement l’ensemble retombe un peu trop rapidement et on se trouve, une fois encore, devant un groupe qui a beaucoup de travail à faire individuellement et collectivement. Il faut donc multiplier les concerts afin de tenir la distance …

The Vultures

The Vultures

Puis une apparition… Cities Lullabies. Une chanteuse (enceinte!) au timbre d’un caractère certain et envoûtant, qui donne vie à un set très bien construit tout en crescendo. L’écriture trip-hop intelligente s’appuie sur de très bons sons et qui, même si elle laisse encore apparaitre ici et là des influences toute portisheadienne, sait s’en affranchir pour développer sa personnalité propre. C’est surtout lorsqu’ils s’électrifient et passent sur des tempos plus soutenus, que Cities Lullabies se font des plus intéressants.

Cities Lullabies

Cities Lullabies

A l’arrivée de The Suburbanites sur la scène du Bataclan, on a pensé qu’on allait assister à une explosion d’énergie, et on est un peu déçus. Partant sur un blues rock très classique, le groupe tente des démonstrations instrumentales, sans être pour autant au niveau de se permettre ce genre de fantaisie. Le set décolle au troisième mais surtout au quatrième morceau, plus énergique, et certainement plus convaincant. Il faut donc mieux construire son set, travailler et exploiter le côté teigneux du leader au fort potentiel. Appuyez sur le champignon !

The Suburbanites

The Suburbanites

Retour sur la soul et les succès en vogue avec The Wake, groupe plutôt bien en place pour un set de reprises très fidèle aux versions originales (« September », « Locked out of Heaven » de Bruno mars, « Get Lucky» de Daft Punk). Le résultat reste propre malgré des sons de claviers inégaux (dont un horrible). On aurait surtout aimé entendre un peu plus la choriste dont la personnalité rayonnante apporte un réel plus à l’entité et complète parfaitement celle de la chanteuse lead. Un rééquilibrage doit donc être envisagé.

The Wake

The Wake

Des reprises à nouveau avec Blue Job pour des interprétations plus personnelles voire délicates (« Bang Bang (My Baby Shot Me Down) », « Proud Mary »). Mené par une chanteuse vêtue d’une jolie robe bleue, charismatique et enthousiaste, le groupe a pour sûr l’assurance et l’expérience de la scène même si certains grands écarts dans le choix des chansons auraient pu être évités…

Blue Job

Blue Job

Retour à la fraicheur de la jeunesse avec Keystone et son rock à danser qui nous rappelle celui des lauréats français de 2011 (les toulousains de Rubycube). Si l’ensemble est encore très perfectible notamment au niveau du chant, il n’en demeure pas moins que le groupe a trois atouts certains vers la voie du succès : l’énergie (qu’il faudra malgré tout apprendre à canaliser), de l’envie, mais surtout de très bonnes chansons.

Keystone

Keystone

S’en suit l’énorme show de Funky Delay dont les reprises soul sont de très haute volée. Onze musiciens et chanteurs, parfait techniquement. Malheureusement le fait de ne faire que des reprises les empêchera d’atteindre les sommets. Malheureusement, car ce tel niveau de maîtrise nous fait dire que nous avions là, LE meilleur groupe vu à Emergenza cette année.

Funky Delay

Funky Delay

Un nouveau bon groupe de reprise (d’un âge plus respectable) avec Dechoq’, construit avec un backing band très carré, une choriste vêtue d’une robe strass argentée, et un chant assuré pour un set très rock : Beatles, Tina Turner, AC/AD…

Dechoq'

Dechoq’

Enfin un retour à la compo avec The Gold Min’ears, du rock chanté en français et en anglais avec une bonne dose d’énergie punk, et l’envie d’en découdre. Tout débardeur et maquillages fluo, ils assurent le spectacle du haut de leurs jeunes années avec des compositions vraiment efficaces. Du travail reste encore à fournir au niveau du jeu de scène, mais le groupe repose sur de très bonnes bases, notamment un chant lead charismatique.

The Gold Mine'Ears

The Gold Mine’Ears

L’animal qui suit va mettre un joyeux bordel sur la scène du Bataclan pendant la totalité des vingt minutes qui lui sont accordées. Caméléon assure sur un rythme effréné un set avec des mélanges de reggae/ragga/ska qui va réveiller et faire danser toute la fosse du Bataclan. Même si on ne distingue pas toujours toutes les individualités dans cette richesse (5 musiciens, 5 chanteurs), l’énergie fournie compense bien des approximations. C’est très généreux, on a envie d’en être pour pouvoir suivre les exactions de ces activistes festifs !

Caméléon

Caméléon

Compositions complexes (pour ne pas dire compliquées) pour RedAnts qui expose tous les styles au sein d’une même chanson. Attention car ces morceaux à tiroir relèvent rapidement au fourre-tout… L’utilisation du français est respectable, tout comme cette énorme dose d’énergie à revendre mais il va falloir prendre le temps de se recentrer sur les morceaux, aller moins dans la démonstration afin de se trouver.

RedAnts

RedAnts

Pour terminer cette saison française, L’An Terne séduit le jury avec son power rock, qui n’est pas sans rappeler un groupe dont tout le monde a oublié l’existence, Metal Molly, voire Biffy Clyro sans leur côté surproduit… Des harmonies vocales à la pelle (mais toujours juste !) et une réelle qualité d’écriture qui ne demande qu’à être approfondie. On se dit à certains moments qu’une seconde guitare permettrait de gagner en puissance, mais un peu plus d’entrainement et de recherche sur le son devrait pouvoir compenser.

L'An terne

L’An terne

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