Retour au Bataclan à l’occasion de la seconde finale nationale d’Emergenza 2013 qui déterminera le groupe qui accompagnera Obsolete Radio (lauréat le 15 juin dernier) lors de la finale internationale qui se déroulera du 9 au 11 août prochain, en Allemagne, lors du prochain Taubertal Festival.

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Le concert débute en milieu d’après-midi avec Ekinox qui se lance, doté d’une bonne énergie, dans un rock très « à la française » un peu punk et dont les harmonies aiment aussi s’acoquiner avec le métal. Pas tout le temps très en place, le groupe compense par une certaine envie et des morceaux très efficaces, même s’il faudra se méfier des structures à rallonge et autres solos de guitares…

Ekinox

Ekinox

Après une intro un peu longue Slipper Chick prend le relais sur scène. Toujours très jeune musicalement, le groupe devra fournir un travail certain pour confirmer un niveau d’instruments encourageant et des compositions intéressantes, mais surtout enchaîner les live pour pouvoir connaître, « on stage », une assurance qui leur permettra de s’ouvrir plus au public.

Slipper Chick

Slipper Chick

Jeunesse toujours au rendez-vous pour Black Crown Falling qui maîtrise assez bien un set rock ancré dans ces trente dernières années avec une affection toute particulière pour les eighties. De la grande sobriété sur scène à la limite de la timidité. Un vrai talent d’écriture, mené par un chanteur qui est sûrement l’une des voix les plus intéressantes de ces différentes phases finales. En sachant que le groupe à quinze ans de moyenne d’âge, cela en fait un groupe clairement à garder à l’oeil !

Black Crown Falling

Black Crown Falling

Difficile d’enchainer après et pourtant jOhnhippie, lauréat des finales à Bordeaux et Toulouse, tient le rang. Doté d’un niveau instrumental bien plus élevé (l’âge fait des miracles à ce niveau), le septet mené par la chanteuse et son guitariste Shinri Tee, à l’impressionnant charisme, nous propose une fusion totale des genres : un peu de folk, un peu de rock, du reggae, un peu spoken, avec des pointes jazz (notamment par l’utilisation de saxophones) et au final une très grande homogénéité d’un style totalement maîtrisé. Du très grand professionnalisme également quand on voit la manière avec laquelle le groupe a su gérer son temps alors que le guitariste (excellent au demeurant) se dépatouillait de longs problèmes techniques.

jOhnhippie

jOhnhippie

Pas tellement évident de suivre pour les trois jeunes demoiselles de Fried Squid avec une formule originale : trois voix lead, deux guitares acoustiques, et un ukulélé. Le résultat est vraiment charmant (entendez ‘cute’) : des reprises et des medleys plutôt bien sentis, des compositions prometteuses et une vraie envie de partager avec le public. Trois personnalités que l’on aimerait sans doute plus découvrir en tant que tel au sein de cette entité, en exploitant encore d’avantage leurs timbres différents et très complémentaires. Sans doute LA bonne surprise de cette soirée de samedi.

Fried Squid

Fried Squid

Même menu version garçon pour Paul, Alex & Thib, mais la sauce prend moins en enchainant les reprises (Hotel California, Johnny B. Good…), certes vraiment bien maîtrisées mais malheureusement en collant tellement aux versions originales qu’elles n’apportent rien de nouveau… si ce n’est des sons de guitares qu’il faudra apprendre à dompter. Unique petit point positif, une bonne composition qui pourrait leur permettre de s’en tirer.

Paul, Alex & Thib

Paul, Alex & Thib

Du très jeune encore avec The Black Alice, qui clairement en phase d’apprentissage. De nombreuses approximations et une très grande prise de risques rythmiques qui laissent apparaitre un manque d’expérience de la scène. Malgré tout, leur volonté de bien faire et leur fraicheur devraient leur permettre de progresser rapidement et de défendre réellement leur chance à l’avenir.

The Black Alice

The Black Alice

Plus grande maîtrise technique pour les jeunes de Heart In Ashes dont le métal plutôt black séduit, mais avec ce petit punk qui fait toute la différence dans leur prestation. Le violoncelle devra se mettre un peu plus en avant à l’avenir, le chanteur glam doit encore progresser dans les gras et les rauques, mais la voie semble déjà bien tracée, et il suffit donc de la suivre.

Heart in Ashes

Heart in Ashes

Retour au pop rock avec les Writers (ex-Impossible Dreams) avec un petit ton bluesy, pour un songwriting assez convenu qui met malheureusement trop souvent en avant le leader et sa guitare (trop de solos tuent le solo). C’est aussi sur lui que le quatuor va devoir poursuivre son travail, faire d’avantage de répétitions, afin de faire naître une plus grande cohésion de groupe, et en évitant ainsi les approximations.

The Writers

The Writers

Des soucis que n’ont plus depuis longtemps SpaceNotes qui pratique un pop rock complexe, couplé à des sonorités électroniques. Complexe ? Peut-être légèrement trop parfois. Originaux dans le son et des structures alambiquées, le combo perd parfois de son auditeur. S’il a a clairement un son et une identité (et alors un réel potentiel), il doit faire attention à parfois penser un peu moins pour y gagner en efficacité. Du joli travail néanmoins.

SpaceNotes

SpaceNotes

Le Bataclan prend alors feu sur le premier morceau de R.A.I.N, comme quoi c’est important de faire venir ses amis, et surtout lorsqu’on a des problèmes techniques. Mais lorsque la machine repart l’ensemble reste assez flou, voir brouillon, chacun jouant dans son coin. Un chanteur (trop) décontracté mais surtout trop bavard. Il va falloir travailler ces enchaînements entre les morceaux, y mettre un peu plus de rigueur, et faire attention à l’audience devant laquelle on se trouve…

R.A.I.N

R.A.I.N

On retourne à un rock plus énergique avec R U Ok?. Pas tout le temps en place mais avec l’envie d’être le pied au plancher, le quatuor réalise un set séduisant. Un batteur très solide, une voix sur laquelle le groupe peut s’appuyer, mais un sacré travail encore à faire en terme d’assurance. On dit que l’expérience s’acquiert aux kilomètres parcourus, et cette soirée fut sans aucun doute une grosse étape pour eux.

R U Ok  ?

R U Ok ?

Ce premier soir va se terminer avec deux très grosses prestations. La première avec la soul riche de SoFunnySoul. Emmené par une chanteuse vraiment charismatique, soutenue par des choristes qui se donnent entièrement pour la scène et un backing band bien en retrait (trop ?) d’une incroyable efficacité. L’ensemble sans être réellement original (en français tout de même) défend tout à fait ses chances dans un genre par trop sous-représenté dans les phases finales d’Emergenza.

SoFunnySoul

SoFunnySoul

Enfin arrive la claque donnée par Ligeh Moneh et ses musiciens, qui nous avait accordé un entretien au courant mars, et qui, en cette fin de soirée, assène un très gros set grâce à son hip-hop puissant et bien rodé. Si on ne perçoit pas tout le temps les lignes mélodiques foisonnantes dans le mix réalisé ce soir, et encore quelques imprécisions par-ci par-là, on voit malgré tout sur scène un groupe à la frontière du professionnalisme. On en serait presque surpris finalement de les voir ici, au festival Emergenza, étant donné leur puissant niveau. Pour sûr, on les retrouvera dans le très haut du classement de cette finale, suite à la seconde partie qui se déroulera, même endroit, le lendemain dimanche…

Ligeh Moneh

Ligeh Moneh

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